3 août 2012

Jour 4 : 9 juillet - les fjords de l'Est

En ce quatrième jour de voyage, nous attaquons les fjords de l'Est. Enfin, plus la partie Sud des fjords car nous n'irons pas plus haut que Seydisfjördur et nous planifions de passer plus de temps à Myvatn. Tant pis pour les colonies de macareux moines, localisées plus vers Þórshöfn.


Au petit matin, au camping de Höfn où nous avons passé la nuit, nous profitons des plaques électriques, des tables abritées pour petit déjeuner et préparer un thermos d'eau chaude.




Petit tour au port de Höfn avant de reprendre la route circulaire.


Les montagnes des fjords sont très particulières : sortes de pyramides de sable noir, elles laissent peu de plage à la végétation. Toutefois, nous croisons des champs de lupins et des moutons, encore et toujours par trois !











De nombreuses plages se succèdent, plus ou moins escarpées. L'une d'entre elles attirera plus notre regard. En effet, ce que je prenais pour des phoques (bah, ça ne bougeait pas beaucoup et c'était gris et noir !) s'est avéré s'envoler quand je m'en suis approchée ! Il semble que ce soit des canards Eider mâles.



Nous restons quelques temps sur cette plage à regarder les vagues, grimper sur les rochers, observer le sable fait de petits cailloux, de plus en plus fins en allant vers l'Océan.





Après cette pause, nous reprenons nos lacets dans les fjords.



Nous faisons une autre courte pose au village de  Djúpivogur ("baie profonde" en islandais). En 2011, le village comptait 352 habitants... Grosse bourgade !

On trouve au Sud-Ouest de Djúpivogur deux grandes lagunes, sanctuaires pour les oiseaux migrateurs.
Au large, l'île Papey est un autre sanctuaire pour les Eiders (et leur duvet) et les Macareux moines. Mais nous resterons à terre, au promontoire du village depuis lequel nous avions une belle vue sur le village et les fjords adjacents.






Reprenant la route, nous longeons le fjord suivant, dans lequel flottent des nasses pour des poissons d'élevage.






Église à côté de Breiðdalshreppur :



L'Islande est un pays avec une forte population d'oiseaux. Tout au long de notre périple, nous apprendrons que l'Islande est une île d'accueil pour des oiseaux de toutes sortes : alors que le Grand Pingouin y a disparu au 19ème siècle, l'Islande offre la possibilité d'observer une belle variété d'oiseaux nordiques nicheurs : limicoles, canards et oies, oiseaux marins, migrateurs nords-américains, mais aussi rapaces prestigieux comme le Faucon gerfaut (Falco rusticolus) et le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla).

http://www.oiseauxethologie.fr/php/articles.php?lng=fr&pg=11

"Pour les seules falaises du pourtour de l'Ile se retrouvent environ 8 millions de couples d'alcidés : Macareux moine (Fratercula arctica), Guillemot de Troïl (Uria aalge), Guillemot de Brünnich (Uria lomvia), Guillemot à Miroir (Cepphus grylle), Pingouin Torda (Alca torda), mais aussi des Fulmars boréaux ((Fumarus glacialis) et de Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla).
A Latrabjarg (au Nord-Ouest), les falaises hautes de 20 à 30 mètres abritent sur 14 kilomètres (!) des centaines de milliers de ces oiseaux, merveilleux champ d'expérience pour la digiscopie, voire la photo proche, tellement ils craignent peu notre présence. Un chemin qui serpente sur la crête vous offrira un spectacle total.(...)
L'Islande n'a que 124 oiseaux réguliers et seulement 71 sont nicheurs. Faute de niches écologiques favorables, en raison de l'absence de vraies forêts et d'une pauvreté en insectes, seuls 7 passereaux sont représentés dans les nicheurs.
Il faut signaler l'existence de 13 sous espèces endémiques, conséquence de l'isolement de l'Islande. Leurs caractéristiques spécifiques concernent la taille, la coloration ou des détails morphologiques."



Dans ces falaises ci-dessous, nichaient de très nombreux oiseaux, notamment mouettes et goélands. Après dans le détail... Ben on n'y connait pas grand chose !





On ne peut peut-être pas en dire autant des moutons... Tous blancs ou presque et tous par trois !
Quoique..! => http://www.toutelislande.fr/Moutons%20islandais.html
"Le mouton est arrivé en Islande avec les premiers colons. L’insularité et donc l’isolement aidant, le mouton islandais est aujourd’hui l’une des dernières races pures de mouton. L’une de ses particularités : le poil. Sa couleur et ses motifs sont très variés : du blanc au noir en passant par les gris, crèmes, etc. Surtout, la longueur du poil peut atteindre 18cm. L’un des poils de mouton les plus longs du monde."






A Fáskrúðsfjörður, comme ses voisins, le fjord est bordé d'une étroite bande côtière par endroit utilisée en prés de fauche, dominée par des chaînes de montagnes formées de vieux basaltes de l'ère tertiaire.
Rive sud, le mont Sandfell se détache facilement de par sa couleur et sa forme. Il s'agit d'un laccolite, c'est à dire une montée de lave, de nature rhyolitique dans le cas présent, ayant soulevé la couverture rocheuse déjà en place.

Fáskrúðsfjörður n'est pas seulement un profond et joli fjord de la côte est du pays, c'est aussi la principale station qui accueillait les Français pendant les campagnes de pêche à la morue en Islande. Entre 1850 et 1914, il y eut certaines saisons jusqu'à 120 goélettes et 5.000 marins français, venus de Dunkerque, Paimpol ou Lorient, pêcher dans les eaux islandaises. Ils apportaient souvent des marchandises à troquer, vin et cognac par exemple, contre des lainages ou de la nourriture fraîche. Simples relations d'affaire ou amitiés, des liens se sont noués entre les habitants du fjord et les marins et le village conserve la mémoire de cette époque. Le village abrite un musée rappelant les liens franco-islandais locaux, les panneaux de signalisation sont inscrits en deux langues : français et islandais!


La localité suivante est Reyðarfjörður, située au fond du plus long fjord (30 kms) de la côte est islandaise. Un complexe aluminier d’Alcoa situé dans ce fjord a été sujet à controverses. Ce projet d'usine, du nom de Fjardaál signifiant "Aluminium des fjords" en islandais, alimentée en électricité par un grand complexe hydroélectrique construit en même temps à 75 kms de là, a reçu de nombreuses oppositions mais fut cependant voté en 2002. La construction de l'usine a été réalisée entre 2004 et 2007, utilisant une main-d'œuvre majoritairement étrangère, en particulier polonaise. Avec un nombre de travailleur atteignant 2.800 personnes, la ville eu durant cette période, la plus grande concentration de résidents étrangers du pays. La fonderie emploie 450 personnes et produit 940 tonnes d'aluminium par jour, avec une capacité de 346.000 tonnes d'aluminium par an.




La pluie menaçant la suite de notre parcours, nous nous arrêtons finalement au camping de Reyðarfjörður pour passer la nuit. Nous y trouvons des douches chaudes et sans courant d'air, et un petit local pour cuisiner. C'est au petit matin qu'une étudiante viendra collecter le prix de l'emplacement.