6 août 2012

Jour 5 : 10 juillet - sur la route dEgilsstaðir à Myvatn


Un dernier fjord de l'Est puis une belle traversée du désert et au bout, une cascade sublime, une soufrière et un lac superbe... Une grosse journée qui se terminera aux derniers rayons du soleil c'est-à-dire vers minuit !


Partant d'Eskifjördur sous les nuages et la pluie, nous visitons un dernier fjord : celui de Seyðisfjörður. Le petit village du même nom, composé de belles petites maisons colorées, est relié aux îles Féroé et au port d'Hanstholm au Danemark par un ferry (de la compagnie Smyril Line). Le coin est assez sauvage et la vallée vers Seyðisfjörður ponctuée de cascades.








  


Ci-dessus la cascade de Gufufoss et Mulafoss ci-dessous.




Au bout de la route : le village de Seyðisfjörður.



Encore une cascade sur la route pour ressortir du fjord et aller vers Egilsstaðir, la ville principale de l'Est de l'Islande.





Après Egilsstaðir, nous continuons sur la route n°1 vers Myvatn.





Des paysages à se sentir seuls au monde...








Puis nous prenons une route en terre vers le parc national de Jökulsárgljúfur. Après dix kilomètres de route en terre version tôle ondulée, nous arrivons à destination : la cascade de Dettifoss.


Cette chute d'eau est située sur le cours du fleuve Jökulsá á Fjöllum. On dit d'elle que c'est la plus puissante d'Europe, avec un débit d'environ 200 m3/s pour une hauteur de 44 mètres. Dans son cours, 500 000 tonnes de débris sont charriés par an.

Un calcul sur wikipédia vaut le détour : "avec ce débit et cette hauteur de chute, la puissance de cette chute d'eau peut être évaluée à 200.10^3×10×44 = 88 MW, ce qui tend à produire une élévation de la température de l'eau d'approximativement : 88.10^6×/4,1855/200.10^6 ≈ 0.1°C" ! Le calcul semble juste, l'idée est marrante. EN même temps, cela rappelle que certaines chutes d'eau islandaises sont menacées pour en faire des usines hydroélectriques.









C'est pour nous un des sites majeurs, "hors catégorie" comme dit Stéphane, parmi toutes les cascades d'Islande. De par son débit, son cadre, la hauteur de sa chute et la forme de l'eau qui tombe charriant de la terre, cette cascade que l'on ne voit qu'au dernier moment nous a fait grand effet !
C'est presque si on y voit les chevaux d'eau du film du Seigneur des Anneaux, lorsqu'Arwen, la fille d'Elrond, dresse le torrent contre ces poursuivants 







Le canyon en contrebas de Dettifoss :


Puis nous marchons un peu le long du torrent pour rejoindre plus haut la cascade de Sellfoss. Ce complexe de chutes est en forme de "V", formé de colonnes de basalte. Nous pouvons nous approcher relativement près de la cascade puisqu'un côté débite moins que l'autre.

De façon générale, nous vous conseillons de venir voir Dettifoss, Sellfoss et Hafragilsfoss par la route Est (rive droite du torrent). Même si elles sont visibles des deux côtés, les vues nous ont semblé plus belles de ce côté-ci.



La vue aérienne illustre bien la forme de la cascade :

Un peu plus bas, la cascade de Hafragilsfoss de 27 mètres de haut.




Au sol, de la pouzzolane : cette roche naturelle est constituée par des scories (projections) volcaniques basaltiques ou de composition proche. Elle possède une structure alvéolaire, ce qui la rend légère.





Et d'autres roches volcaniques comme ce morceau de lave refroidie qui a gardé les mouvements et l'aspect visceux de lorsqu'elle était fluide.


Nous faisons les kilomètres de tôle ondulée dans l'autre sens et poursuivons vers Myvatn à travers des paysages désertiques, sans le moindre hameau ou mouton.





Champs de laves :



En approchant de Myvatn, sur la gauche de la route, un site touristique attire notre attention par des fumerolles et une couleur de sol jaune orangé : il s'agit du champ hydrothermal de Hverarönd comportant des évents de vapeurs appelées solfatares (de l'italien solfo, soufre) et des marmites de boues. Les dégagement de vapeurs (de 80 à 100 degrés Celsius) sont accompagnés de sulfure d'hydrogène, qui donne à la zone une odeur caractéristique d'œuf pourri. Les importants dépôts de soufre étaient autrefois exploités pour la production de poudre à canon.
Nous suivons le sentier balisé permettant de monter au sommet de Námafjall (482 m) d'où on peut voir l'ensemble de la zone géothermique, le lac Mývatn, le volcan Hverfjall et le lac bleuté du Leirhnjukur.



Une mare de boue est un type de source d'eau chaude ou de fumerolle, brassant des sédiments (argile d'origine volcanique, oxyde de fer, soufre...) à sa surface, et caractérisée par de perpétuelles remontées de bulles de gaz à sa surface. Il s'agit d'une manifestation d'origine volcanique typique des zones géothermiques très actives. Leur température varie généralement de 80°C à 200°C.





















Mývatn (le bien nommé « lac des mouches ») est situé dans les environs du volcan Krafla. C'est l'unique endroit habité des hautes terres et ce depuis l'installation des Vikings, entre les IXe et Xe siècles. Le lac, 3ème étendue d'eau naturelle du pays, reste gelé six mois de l'année.

Le nom du lac vient des nuées d'insectes (Chironomidae) dont se nourrissent les canards qui peuplent les bords du lac en été. Le coin est connu des ornithologues pour la quinzaine de sortes de canards qui y nichent à partir d'avril. La superficie du lac est de 37 km². Le lac, la rivière Laxá et les marais alentours ont été classé réserve naturelle en 1974.

Le lac est donc surtout réputé pour son extraordinaire population de canards. Le plus caractéristique de la région est probablement le garrot d'Islande. On en dénombre environ 200, qui vivent toute l'année dans le lac, restant dans des trous dans la glace en hiver. C'est aussi dans ce lac que l'on trouve la plus grande population de grèbe esclavon d'Islande avec environ 200 couples. On trouve également des macreuses noires, des canards chipeaux, des arlequins plongeurs, dans des quantités bien supérieures aux autres régions d'Islande. Enfin, la plupart des espèces d'oiseaux d'eau douce présentes en Islande se trouvent aussi au lac Mývatn, tels que le fuligule morillon, le fuligule milouinan, le canard siffleur, plusieurs espèces de Harles et le phalarope à bec étroit. En dehors des canards, quelques cygnes et oies sont souvent observés, ainsi que des lagopèdes alpins, des mouettes rieuses et de sternes arctiques.



Nous plantons la tente dans le camping derrière l'église, avec la vue sur le lac mais pas trop près pour éviter les nuées de moucherons.
Ce sont plutôt les mouettes rieuses qui nous tiendront compagnie, venant réclamer et attraper au vol des miettes de pain lancées par Steph !






Petite promenade digestive, 200m plus bas, au bord du lac.






Grimpant au dessus du camping, la vue sur le lac est mieux dégagée, surtout sur les pseudo-cratères de Skútustaðir. Ils ne proviennent pas du volcanisme, mais ont été créés par des explosions de vapeur qui ont eu lieu lors du contact de la lave avec l'eau du lac. Ces pseudo-cratères datent de plus de 2.000 ans.


Le soleil se couche enfin, il est presque minuit mais le ciel reste lumineux.