14 août 2012

Jour 6 : le lac Myvatn et ses alentours


Après une bonne nuit - un peu trop lumineuse tout de même, la vue sur le lac se révèle être également belle le matin. Nous laissons tente et duvets au camping : cette journée sera dédiée à la découverte des alentours de Myvatn et nous reviendrons au même camping.


Ce plan plus précis de la région permet de voir les principaux sites touristiques :


Nous commençons par l'exploration de la zone "Krafla Power Plant" :  construite entre 1974 et 1977, c'est la première centrale géothermique de grande échelle en Islande, après le succès de la centrale géothermique de Bjarnarflag en 1969, située à quelques kilomètres seulement. En effet, la centrale de Bjarnarflag montra au pays la possibilité d'utiliser l'abondante géothermie pour produire de l'électricité, en plus du chauffage.

En 1974, des forages d'essais commencèrent dans la zone de Krafla. Les travaux de construction à proprement parler débutèrent l'année suivante, incluant de nouveaux forages, la construction de la centrale et les lignes de transmission vers Akureyri, la plus grande ville du Nord du pays. Deux turbines de 30 MW furent achetées.

Cependant, entre décembre 1975 et septembre 1984, la région fut en proie à une importante activité volcanique. Cette éruption injecta des gaz volcaniques dans le réservoir géothermique, ce qui entraîna une rapide corrosion des puits. Ceci causa des problèmes dans l'arrivée de la vapeur et repoussa le début de la production électrique en février 2008, bien que la première turbine ait été installée en août 1977. De plus, la production était réduite à environ 8 MW. La turbine ne commença à tourner à plein régime qu'en 1982. Du fait de toutes ces difficultés, la deuxième turbine ne fut installée que 20 ans après la première, en 1997 !

Nous avons pu parcourir le hall d'exposition dans l'usine géothermique, approcher des colonnes de refroidissements et des conduits d'eau chaude ainsi que de la jolie rivière bleu turquoise, sentant le soufre et emplie de cristaux lorsqu'au plus proche de la centrale.




Notez que cette petite colline fumante est également une "station" de ski avec une remontée mécanique ! (non distinguable sur cette photo) :






Remontant jusqu'au bout de la route, nous atteignons le cratère Víti de Krafla : la zone volcanique de Mývatn est l’une des plus jeunes et des plus actives d’Islande. En 1724, le volcan Viti, "l’enfer", explose. En deux jours, un cratère est construit. Durant cinq ans, l'activité volcanique est intense et 35km² au total sont recouverts de lave. Aujourd’hui, ce volcan est rempli d’un magnifique lac dont les couleurs bleutées forment un étonnant contraste avec les roches volcaniques ou sulfureuses alentours.


Un second lac, plus petit au-dessus ainsi que des sulfatares et de la mousse verdoyante !







Nous redescendons vers un autre site : la zone volcanique de Krafla, une caldeira large d’une dizaine de kilomètres, et comblée aujourd’hui par les laves.

Les volcanologues islandais considèrent que le volcan Krafla s’active tous les 300 ans. Les dernières éruptions eurent lieu entre 1724 et 1729, lorsque fut créé Viti. Et en effet, de 1975 à 1984, une nouvelle série d'éruptions et de tremblements de terre s'est concentrée dans la caldera et en particulier à Leirhnjúkur.
Pendant cette phase, ils ont pu mesurer plusieurs phases de gonflement et de dégonflement du plancher de la caldera. Ainsi qu'un écartement des bords Est et Ouest de la caldera de 900 mm (!!) pendant les 9 ans du cycle, démontrant ainsi que l'ouverture du rift est un processus discontinu.

Sur le site, nous observons des coulées de différentes périodes dont la coulée la plus sombre et la plus récente - de septembre 1984.




Sulfatares et champ de lave noire se partagent le paysage :







Et le fameux volcan Krafla lui-même : pas si grand, bien conique mais vu d'en haut, on voit toute la lave crachée qui a envahi la plaine.











La terre est chaude et fume sous nos pieds :


De la roche volcanique, des organismes vivants dans les vapeurs soufrées et chaudes et des cristaux de soufre.



La coulée de lave de 1984 est immense et haute ! Nous étions surpris de voir des blocs de lave empilés, formant un mur de plus d'1,50m de haut, s'arrêtant net dans la pelouse.




La vue sur la région environnante y est magnifique.

En repartant, nous trouvons un objet insolite le long de la route !!!


A noter que la douche était chaude !!

Nous poursuivons vers la grotte de Grjótagjá. Autrefois, les sources chaudes Grjótagjá et Stóragjá étaient utilisées pour la baignade. Mais ce n'est plus possible à cause de la température devenue trop élevée (~50°C).


Au-dessus de cette source, on peut découvrir une grande fissure dans le sol, séparant la terre en deux.


Le site suivant est Dimmuborgir : une formation volcanique très particulière. Son nom, signifiant « châteaux sombres », est dû aux formations de lave noire en forme de colonnes aux formes chaotiques, parfois trouées, qui s’élèvent et forment un véritable labyrinthe. Ces formations sont dues à l'érosion d'un lac de lave situé à l'origine sur des terrains humides. Les échappements de vapeur d'eau du terrain ont refroidi la lave lors de leur remontée dans le lac, provoquant des formations en colonnes. Ces colonnes étant moins sensibles à l'érosion que la lave environnante, elles ont émergé au cours du temps.




Ainsi, l'endroit est assez lugubre et plusieurs circuits de longueurs différentes permettent de se balader parmi de spectaculaires formations de lave noires. Avec (beaucoup) d'imagination, on peut reconnaître des visages de trolls dans cet entrevêchement de roches et d'arches. Nous sommes allés jusqu'au clou de la balade : Kirkjan (l'église) est une caverne de lave dont la voute est en forme d'église gothique.



Zoom sur les roches noires de ces châteaux sombres :



Vue sur le lac Myvatn depuis le site de Dimmuborgir :


En milieu d'après-midi, nous allons nous détendre aux Myvatn Nature Baths : le Blue Lagoon en bien moins fréquenté (et moins cher).

Myvatn Nature Baths est un site de baignade naturelle, où on peut se baigner dans une lagune qui possède de nombreuses propriétés particulières. Son eau contient des minéraux en grandes quantités et est alcalin. En raison de la composition des minéraux, des bactéries nocives et de la végétation ne peut pas survivre dans l'eau : ainsi pas de chlore ni d'autres désinfectants ne sont ajoutés. Un bain à 50°C et un sauna naturel humide sont également accessibles sur ​​le site.







Un lac artificiel le long de la route vers Myvatn, mais non baignable !!


Le Herðubrei est un volcan culminant à 1.682 mètres d'altitude et à environ 1.000 mètres au-dessus des terres environnantes. Le volcan est un tuya (= un type de montagne d'origine volcanique formé aux cours d'éruptions sous-glaciaires et caractérisé par un sommet plat, des pentes très raides et une forme grossièrement cylindrique) ceinturé en totalité par des falaises délimitant un plateau sommital sur lequel repose un cône volcanique d'environ 200 mètres de hauteur. Le Herðubrei s'élève au centre du désert Ódádahraun, en français « Désert des Crimes », formé par l'assèchement de l'air qui passe au-dessus du glacier Vatnajökull situé au Sud et nommé ainsi car des criminels autrefois rejetés par la société y élisaient domicile.


Le soleil décline mais nous tentons de monter au sommet du volcan Vindbelgjarfjall (529 m) car l'ascension de ce pic qui domine le lac Myvatn permettrait d'en apprécier toute l'étendue. Mais la fatigue aidant, nous ne trouvons pas le courage de faire les 500m de dénivelé dans du caillou qui ne nous semble pas bon. Nous profitons alors tranquillement des pseudos-cratères les plus proches, du lac et de ses habitants.





Le stratovolcan Hverfjall se trouve également près du lac. Un magnifique panorama sur le lac et les montagnes environnantes est visible depuis son sommet. Son cratère explosif, semblable à ceux de la lune, a servi de base d'entraînement aux astronautes américains avant leur voyage de 1969.
Il est apparu il y a 2.500 ans et il est le résultat d'une seule éruption appartenant au cycle de Hverfjall du Krafla. Le cône fait environ 250 mètres de haut et 200 mètres de profondeur pour un diamètre de 1.200 mètres.

Le sommet est accessible à pied (on voit le chemin sur la photo ci-dessous) et offre des panoramas sur le lac et les montagnes environnantes. Mais nous n'avons pas gravi ce volcan, l'ascension dans la caillasse ne nous a pas tentée.


La "nuit" retombe sur le camping, demain nous reprendrons la voiture pour poursuivre notre boucle.