16 août 2012

Jour 7 - Goðafoss, Akureyri et Siglufjörður


En ce 7ème jour de voyage, nous reprenons la voiture pour poursuivre vers l'Ouest.


Nous terminons notre découverte de la région de Myvatn avec le côté Sud-Ouest du lac : une zone plus sauvage du lac et les pseudos-cratères.


Pour rappel, un pseudo-cratère est une formation ressemblant fortement à un cratère volcanique mais dépourvue de cheminée volcanique. Les pseudo-cratères sont créés par des explosions de vapeur qui ont lieu lors du contact entre une coulée de lave et l'eau d'un lac. Les cônes se situent là où la lave a progressé sur un lac peu profond, une plaine fluviale ou un marécage.



Vus du ciel, on voit mieux les pseudos-cratères :



Une dizaine de kilomètres plus loin, reprenant la route 1, nous atteignons le site de Goðafoss - au bord de la route. C'est une des chutes les plus spectaculaires d'Islande : localisée sur le fleuve Skjálfandafljót, elle fait 12 mètres de hauteur sur 30 mètres de largeur. En "U", cette cascade est très esthétique avec un arc en ciel mais sa très très proche proximité de la route en fait un site envahi par les touristes. On vous conseille de passer sur le côté Ouest de la cascade, il y a beaucoup moins de gens !

En l'an 1000, le parlement islandais (l'Alþing - cf. jour 1) décide le passage au christianisme. Les idoles de l'ancienne religion nordique sont alors jetées dans cette chute. Le nom Goðafoss signifie «la chute des dieux» en souvenir de cet épisode.











Pour se donner une idée du même lieu en hiver : Gothafoss en hiver

Eyjafjörður est un fjord long et étroit s'étirant sur 60 kms. Son point le plus large fait 25 kms et se situe entre Siglunes et Gjögurtá, au niveau de son embouchure, mais il oscille entre 6 et 10 kms sur sa plus grande partie. Deux plus petits fjords, Ólafsfjörður et Héðinsfjörður, viennent se jeter dans Eyjafjörðursur son côté Ouest.
La région d'Eyjafjörður est la seconde de par son nombre d'habitants après l'aire urbaine de Reykjavik. La population était approximativement de 24.000 habitants en 2008.



Toujours de nombreux oiseaux :


  
La plus grande ville d'Eyjafjörður est Akureyri, capitale de la région Norðurland Eystra et un important port maritime. Les principales autres villes sont Dalvík, Ólafsfjörður, Hrísey, Árskógssandur, Hauganes, Hjalteyri, Hrafnagil, Svalbarðseyri et Grenivík. La plupart de ces villes voient leurs activités reposer principalement sur les industries de la pêche et de l'agriculture. Toutefois, Akureyri est également un centre urbain avec le plus grand centre de services dans le Nord du pays.

Avec une population de 17.754 habitants en 2011, il s'agit de la quatrième ville d'Islande mais de la deuxième agglomération d'Islande derrière Reykjavik. Elle est située à 50 km au sud du cercle polaire.




Dans un fish&chips (notre premier resto (sur deux!)), nous prenons le temps d'observer les différentes pièces de monnaie et billets islandais. Pour mémoriser la conversion, nous avions gardé en tête qu'à peu près à 6,50 euros valent 1.000 couronnes islandaises.


Nous poursuivons notre route. Comme souvent, nous croisons des chevaux islandais dans les pâturages. Cette fois-ci, nous prenons le temps de nous arrêter pour les photographier.


L'islandais est un cheval de selle de petite taille qui forme l'unique race de cheval originaire d'Islande. Ces animaux sont vraisemblablement les descendants directs des montures amenées en bateau par les vikings lors de la colonisation de l'Islande. Les Islandais sont toujours restés très fiers de leurs chevaux qu'ils citent régulièrement dans leurs sagas. Les importations de chevaux sont interdites sur l'île depuis le Xème siècle et de ce fait, le cheval islandais n'a pas subi de croisements depuis les années 900. La sélection naturelle lui permit d'acquérir une grande résistance aux conditions climatiques en se contentant d'une nourriture pauvre.

Bien qu'il y ait une relation étroite entre ces chevaux et des poneys, surtout celtiques, les Islandais ont gardé le nom de « cheval » pour désigner leurs montures. Ces animaux sont caractérisés par leur taille réduite, leur grande robustesse et rusticité, leurs robes très variées et leur particularité de posséder fréquemment cinq allures : au pas,au trot et au galop s'ajoutent le tölt et l'amble. Leur utilisation est multiple puisqu'ils servent encore au gardiennage des moutons sur leur île d'origine. Des courses et des concours d'allures spéciaux leur sont totalement réservés. On compte actuellement environ 75000 chevaux en Islande.

L'islandais ne fut exporté que tardivement, au XXème siècle. Depuis, son succès en a fait une race représentée par des associations dans 19 pays, particulièrement en Europe de l'Ouest, en Scandinavie et en Amérique du Nord. Près de la moitié des chevaux islandais exportés se trouvent en Allemagne (50.000).

Jusqu'á ce jour ce petit cheval de guerre robuste et habitué a un climat hostile a été maintenu pur : il est donc tel qu'il était il y a mille ans, véritable témoin du passé.

Pendant plus de mille ans, ce cheval a joué un rôle essentiel dans la vie islandaise : il était dans l'île le seul moyen de transport pour les hommes comme pour les marchandises et il était présent dans chaque foyer. De nos jours, les Islandais continuent à faire preuve d'un protectionnisme acharné á l'égard de leur chevaux: tout cheval quittant l'île ne peut y revenir.


Nous passons à Dalvik puis Sigulfjödur. La côte est montagneuse, sauvage, nous ne sommes plus sur la route 1 donc beaucoup moins de touristes viennent se perdre ici.







Siglufjörður a été lié à la route pour la première fois en 1940. Avant, les navires, hydravions, des chevaux et des jambes solides ont assuré le transport. Le gouvernement de l'Islande s'efforce d'inverser la diminution de la population dans la région en améliorant les transports terrestres. Deux tunnels routiers ont été creusés en 2010 entre Siglufjörður à la ville voisine de Ólafsfjörður afin de se connecter avec la région de Eyjafjörður à l'Est. Siglufjörður est déjà connecté par le tunnel à 800 m à l'ouest Strákar. Le tunnel a été achevé en 1967 et, avant cela la seule voie vers la ville était un col de montagne étroite, ouvert uniquement pendant l'été.

La ville de Siglufjörður a grandi autour de l'industrie du hareng qui était florissante dans les années 1940 et 1950, mais les harengs ont quitté la zone désormais.

Et voici le point le plus au Nord de l'Islande que nous ayons approché (notez la couleur kitschissime de ce phare !) :





Pause à Hofsos :



Et le clou de ce petit village c'est la superbe piscine où nous sommes allés nous baignés, profitant du hot pot, de la piscine de 25m débordante et de la vue sur le fjord et sur la mer du Groenland :




Photo issue d'un livre photo disponible au coin café/lecture de la piscine :


La lumière commence à décliner, nous roulons encore un peu tout en cherchant un lieu où dormir. La vue sur le fjord est superbe.


Loin de toute ville et de campings, bien motivés par un bivouac, nous optons pour un lieu plat, sans barbelé à traverser (et donc pas dans une propriété privée) c'est-à-dire le bord de la route ! Mais comme il s'agit d'une route islandaise en terre battue avec trois voitures qui sont passées dans la soirée, on était très tranquilles !


Comme chaque soir, on monte la tente, on déroule les matelas et les duvets, on fait la popote, on profite des lumières de folie du soir et hop, masque sur les yeux et dodo !